auto édition livre auto publication livre

Les vrais écrivains savent refuser les conseils des éditeurs


Extrait d'un livre peu (euphémisme) médiatisé

Extrait : Les (grands) écrivains savent refuser les conseils des éditeurs

Chez les grands écrivains (utilisons ce terme pour reprendre les 5% de l’analyse de Philippe Djian) non seulement l’éditeur ne fait pas la littérature mais l’auteur sait refuser les bons conseils de ces prétendues omniscientes sommités.
Baudelaire, à Alphonse Calonne, le directeur de La Revue contemporaine : « cher Monsieur. Je suis désolé de vous faire observer pour la dixième fois qu’on ne retouche pas MES vers. »
D’une phrase restée célèbre, Victor Hugo refusa les amicales demandes de l’éditeur Lacroix, souhaitant raccourcir "les Misérables" : « le drame rapide et léger ferait le succès des douze mois ; le drame profond fera le succès des douze ans. » De la même manière, quand les correcteurs pinaillaient en contestant le bon français d’une expression, il rétorquait « il le sera. » Marguerite Yourcenar affrontaient "les mêmes" : « une des raisons d’être de l’écrivain est de lutter contre un certain conformisme superficiel du langage, qui, accepté comme un article de foi, va à l’encontre des lois plus subtiles ou plus complexes, et tend, sous prétexte d’uniformiser, à appauvrir finalement le français. »
Flaubert : « un éditeur vous exploite, mais il n’a pas le droit de vous apprécier. » Il lui arriva même de refuser à l’éditeur une lecture avant publication, comme pour Salammbô.

Chez Gallimard, les murs se souviennent de Marguerite Duras : aucune remarque tolérée sur ses textes, ainsi elle exigea un autre interlocuteur quand Raymond Queneau s’en permit une.
La même maison demanda à Louis-Ferdinand Céline (alors docteur Destouches) des coupes, des corrections au Voyage au bout de la nuit pour le publier. Il fallait "alléger" selon Benjamin Crémieux, le lecteur de Gallimard « en supprimant les passages qui en rendent la lecture difficile et qui gâtent un livre des plus sympathiques et remarquable en beaucoup d’endroits. Notre Comité de Lecture a été unanime à apprécier votre manuscrit et si comme nous l’espérons vous voulez consentir à l’élaguer nous serions heureux d’en envisager la publication. » Les éditions Denoël le publièrent mais furent ensuite rachetées par Gallimard... devenu "l’éditeur de Céline."

5% de grands écrivains et 95% d’écrivains mineurs. Il convient donc de classer Aurélie Filippetti dans la seconde catégorie (malgré l’ascension sociale, c’est le retour aux sources, au fond... ; tout le monde comprendra cette facilité de langage, cette ironie iconoclaste, ou faut-il rappeler le grand-père mineur de la fille du maire conseiller-général ?).
Naturellement, il peut se trouver des contre-exemples où l’éditeur a réellement aidé l’écrivain à accoucher d’une oeuvre majeure... ce qui confirme bien l’approche Djian-Ternoise !


Dans Aurélie Filippetti, Antoine Gallimard et les subventions contre l’auto-édition (Les coulisses de l’édition française révélées aux lectrices, lecteurs et jeunes écrivains) de Stéphane Ternoise

Aurélie Filippetti, Antoine Gallimard...
Où acheter ?
Livre de papier : 10 euros. Sur Amazon
Ebook (3 euros 99) :
- Sur Amazon
- Fnac
- itunes
- Chez le libraire français immateriel (pdf, epub)

les premières pages

les premières pages Aurélie Filippetti, Antoine Gallimard...




Ajouter un avis

- 20 octobre 2014 à 19 heures
Auteur tania Commentaire OK : Les éditeurs seraient bien incapables de donner un bon conseil aux écrivains... sinon ils leur conseilleraient de ne plus les enrichir...



Voir sujet précédent du forum
Si vous souhaitez aborder un autre sujet : Vous pouvez débuter un nouveau sujet en respectant le thème du site.